30 août 2023
L’utilisation du plastique est un problème. Nous le savons. Qui ne s’est jamais retrouvé face à la photo d’une tortue marine prisonnière d’un sac abandonné en mer? Chaque jour, sous nos yeux, des poubelles débordent de bouteilles d’eau et des déchets errent dans les rues.
Beaucoup de personnes essaient de limiter la quantité de plastique à usage unique dans leur vie, d’utiliser des couverts et des pailles compostables, d’opter pour des bouteilles d’eau réutilisables et de recycler davantage. Mais nous ne voyons qu’une petite fraction du problème et des solutions potentielles.
Tout au long du cycle de vie du plastique (y compris la production, l’utilisation, le recyclage et la pollution), surgissent d’évidents problèmes environnementaux, ainsi que certains dommages pour la santé. De nouvelles recherches montrent que la pollution plastique s’étend à presque toutes les régions de la Terre, des lacs reculés aux récifs coralliens profonds.
Si certaines conséquences sont facilement visibles et compréhensibles, d’autres sont plus complexes et moins évidentes. Les impacts généralisés du plastique, simples comme complexes, ont des effets significatifs sur la vie humaine, les animaux et l’environnement.
La plupart des plastiques sont fabriqués à partir de substances chimiques issues des combustibles fossiles.[1] Leur production, de l’extraction des combustibles fossiles à la fabrication, libère des gaz à effet de serre.[2] Dans l’UE, 20% des émissions de l’industrie chimique proviennent de la production de plastique, soit environ 13,4 millions de tonnes de CO2 par an.[3] De plus, les experts prévoient que la production triplera au cours des 40 prochaines années avec la hausse de la demande.[4]

Le monde a produit environ 7 milliards de tonnes de déchets plastiques.[5] Les déchets plastiques prennent des formes très variées, des sacs de courses aux bouteilles d’eau en passant par de gros objets. Le type de déchet plastique le plus répandu est, peut-être de façon surprenante, le mégot de cigarette, considéré comme un déchet «dangereux» pour l’environnement en raison du plastique contenu dans les filtres.[6]
Malheureusement, sur ces 7 milliards de tonnes de déchets plastiques, nous en avons recyclé moins de 10%.[7] De plus, le recyclage du plastique n’est pas simple et le processus libère des gaz à effet de serre.[8] Le plastique doit être trié par type avant de pouvoir être fondu, mais comme il en existe des milliers de types, ce processus s’avère extrêmement complexe, voire impossible.[9] Il n’y a aucune incitation économique à recycler le plastique, car le recyclage coûte extrêmement cher – plus cher que d’en produire du neuf.[10] En outre, de nombreux plastiques présentent des risques de toxicité en raison du type de produit ou parce qu’ils ont absorbé des substances chimiques au cours de leur vie: ils ne sont donc pas recyclables ou ne le sont que de façon limitée (par exemple, le plastique toxique ne peut pas être recyclé en emballages alimentaires).[11]
Si, au bout du compte, seule une petite fraction est recyclée, où finit le reste du plastique?
19% des déchets plastiques sont brûlés et 50% finissent en décharge.[12] L’incinération des déchets provoque une grave pollution atmosphérique due au rejet de gaz toxiques,[13] en plus de contribuer au changement climatique par l’émission de gaz à effet de serre.[14] Le plastique qui finit en décharge mettra des centaines d’années à se dégrader et, pendant ce temps, il peut contaminer le sol et l’eau avec des matières toxiques.[15]
Si tu as fait le calcul de tête, tu sais sans doute qu’il reste encore environ 22% de déchets plastiques dispersés. Ces déchets sont mal gérés ou polluent les écosystèmes terrestres et aquatiques.[16]
L’élimination inadéquate du plastique provoque des problèmes de santé dans certaines régions du monde. Lorsque le plastique bouche les égouts et retient l’eau stagnante dans des pays dotés de systèmes de gestion des déchets insuffisants, il favorise la reproduction des moustiques et d’autres organismes, et accroît la propagation de maladies comme le paludisme.[17]
Dans le milieu naturel, les microplastiques (fragments de plastique de moins de 5 mm) peuvent contaminer le sol de différentes manières; par exemple, le compost contient des microplastiques, ou encore les déchets solides urbains peuvent se dégrader dans le sol.[18] Les microplastiques sont capables d’altérer le sol aussi bien physiquement que chimiquement, de façons encore mal comprises.[19]
Les écosystèmes d’eau douce accumulent eux aussi une quantité importante de débris plastiques, tandis que ceux-ci font route vers l’océan.[20] Une étude récente a montré que le lac de Lugano et le lac Majeur, dans le nord de l’Italie, présentent tous deux des concentrations de plastique plus élevées que les zones de l’océan considérées comme les plus grandes zones d’accumulation de plastique.[21] Cette quantité contamine probablement l’eau potable des lacs avec des microplastiques, en plus de nuire aux écosystèmes lacustres.[22] La recherche a également révélé que le plastique a pollué des lacs isolés et des étendues d’eau douce sans contact direct avec la civilisation.
Les océans du monde sont les lieux où finit la majeure partie du plastique,[23] avec un énorme effet négatif sur les écosystèmes côtiers et océaniques.[24] À la base des réseaux alimentaires marins, selon les études, une grande variété de poissons qui se nourrissent de plantes ou de plancton ont ingéré du plastique.[25] Cela signifie qu’à mesure que ces poissons sont mangés par des poissons plus gros, le plastique commence à se diffuser dans tout le réseau alimentaire.
Sur terre, les débris plastiques se dégradent et se fragmentent souvent en morceaux plus petits. Une fois dans l’océan, les petits morceaux de plastique se dégradent encore davantage sous l’effet des rayons UV du soleil.[26] Les microplastiques peuvent avoir divers impacts sur les organismes marins, notamment la réduction de la croissance des algues, la formation d’obstructions chez les poissons, la perturbation des processus de reproduction des huîtres et la baisse du taux de croissance des coraux.[27]
Selon l’article de Nature du 12 juillet 2023 «La pollution plastique sur les récifs coralliens du monde», 85% des débris d’origine humaine sur les récifs coralliens sont en plastique, la plupart provenant de la pêche.[28] Compte tenu des difficultés à étudier les récifs coralliens, en particulier les plus profonds, les auteurs s’attendent à ce que la quantité réelle de débris plastiques sur les récifs soit bien plus élevée que les estimations actuelles.
L’étude a conclu que les macroplastiques (débris plastiques de plus de 5 cm) sont plus fréquents sur les récifs coralliens profonds que sur les récifs peu profonds, ce qui va à l’encontre de l’intuition et constitue une découverte angoissante sur la portée des impacts humains.[29] Restaurer les récifs coralliens et prévenir une pollution supplémentaire est plus difficile à grande profondeur, et ces récifs sont actuellement moins pris en compte dans les politiques visant à protéger les récifs coralliens.[30]
La pollution plastique sur les récifs coralliens nuit aux espèces récifales de plusieurs façons. Certaines espèces confondent le plastique avec de la nourriture, allant potentiellement jusqu’à le trouver meilleur que leur nourriture habituelle.[31] Les déchets plastiques sur les récifs peuvent favoriser les maladies des coraux: les coraux en contact avec le plastique ont 89% de probabilité de tomber malades, contre seulement 4% pour les coraux non pollués par le plastique.[32] Les coraux malades affectent les organismes du récif qui dépendent des coraux comme habitat.
D’autres facteurs, comme la hausse de la température et de l’acidité de l’océan (due aux niveaux élevés et croissants de CO2 dans l’atmosphère, absorbé par l’océan), l’élévation du niveau de la mer, les pratiques de pêche problématiques et la surpêche, exercent un stress supplémentaire sur les coraux et les organismes récifaux.[33]
Préserver la santé des récifs coralliens est important non seulement pour protéger la biodiversité, mais aussi parce que des centaines de millions de personnes dans le monde dépendent des récifs coralliens pour se nourrir.[34]
En raison de la grande quantité de débris plastiques dans les océans, les oiseaux marins ingèrent du plastique ou des proies contaminées, ce qui peut provoquer des accumulations chimiques nocives et des obstructions de leur tube digestif.[35] Comme pour les coraux, les engins de pêche représentent une grande menace pour les oiseaux marins.[36]
Compte tenu de l’ampleur des impacts du plastique, les scientifiques et les décideurs politiques ont reconnu la nécessité de réformer l’économie de ce secteur.[37]
En mars 2022, l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement a adopté une résolution visant à mettre fin à la pollution plastique, en chargeant un comité de préparer un traité international juridiquement contraignant.[38] En mai de cette année, les délégués ont poursuivi la négociation du traité au sein du Comité intergouvernemental de négociation à Paris, et l’UE s’est engagée à prendre des mesures supplémentaires pour soutenir l’objectif de mettre fin à la pollution plastique d’ici 2040.[39]
Dans plusieurs articles scientifiques récents, comme ceux publiés par Nature, les auteurs ont souligné l’importance de tenir compte des nouvelles découvertes sur l’étendue, les schémas et les impacts de la pollution plastique «alors que le monde se dirige vers un traité mondial pour lutter contre la pollution plastique» (Pinheiro et al.).[40]
Pendant que les pays travaillent au traité international, nous aussi, dans nos gestes quotidiens, pouvons réduire notre consommation de plastique.
Voici notre petite contribution:
Lorsque l’utilisation et l’élimination du plastique sont inévitables, nous devons suivre les consignes du service local de gestion des déchets. Une autre façon d’apporter notre contribution est de participer aux initiatives de nettoyage des plages ou des rivières, comme celles organisées par Plastic Free Odv Onlus, et de soutenir la nouvelle législation sur le plastique.
Le problème du plastique est l’un des nombreux problèmes environnementaux graves auxquels le monde doit faire face. Continuons à apporter de petits changements à nos vies pour préserver la santé de la planète et la nôtre, et nous, les MUVers, savons bien le faire!
En avril, à l’occasion du Jour de la Terre et de l’événement CleanUp à Palerme, nous avons organisé un défi avec nos amis de Plastic Free et de Voi Technology: le MUV Plastic Free Challenge. Les participants du CleanUp ont ramassé 70 sacs de déchets non triés, 60 de plastique, 25 de verre et 30 de carton, ainsi que des déchets encombrants de toutes sortes comme des bidons, des filets, des restes de bateaux et des pneus, pour un total de 4 tonnes de déchets.
Le MUV Plastic Free Challenge s’est déroulé du 23 avril au 22 mai 2023 et a enregistré plus de 3.000 km parcourus de façon durable qui, s’ils avaient été parcourus en voiture, auraient émis dans l’atmosphère environ 450 kg de CO2 eq.
Le défi de 300.000 points a été remporté et les participants ont reçu des daily pass pour les trottinettes Voi, tout en contribuant à rendre l’événement Plastic Free encore plus durable.
[1] Center for International Environmental Law, “The Production of Plastic and Petrochemical Feedstocks”
[2] Geneva Environment Network, “Plastics and Climate Change | Plastics and the Environment Series”
[3] European Environment Agency, “Plastics”
[4] European Commission, “EU calls for agreement on global rules to end plastic pollution”
[5] UN Environment Programme, “Plastic Pollution”
[6] UN Environment Programme, “Our planet is choking on plastic”
[7] UN Environment Programme, “Our planet is choking on plastic”
[8] Geneva Environment Network, “Plastics and Climate Change | Plastics and the Environment Series”
[9] The Atlantic, “Plastic Recycling Doesn’t Work and Will Never Work”
[10] The Atlantic, “Plastic Recycling Doesn’t Work and Will Never Work”
[11] The Atlantic, “Plastic Recycling Doesn’t Work and Will Never Work”
[13] Rinku Verma et al., “Toxic Pollutants from Plastic Waste – A Review,” Procedia Environmental Sciences 35 (2016): 701-708, https://doi.org/10.1016/j.proenv.2016.07.069.
[14] Geneva Environment Network, “Plastics and Climate Change | Plastics and the Environment Series”
[15] UN Environment Programme, “Plastic plant: How tiny plastic particles are polluting soil”
[17] UN Environment Programme, “Our planet is choking on plastic”
[18] Pavani Dissanayake et al., “Effects of microplastics on the terrestrial environment,” Environmental Research 209 (2022), https://doi.org/10.1016/j.envres.2022.112734.
[19] Dissanayake et al., “Effects of microplastics on the terrestrial environment”
[20] Veronica Nava et al., “Plastic debris in lakes and reservoirs,” Nature 619 (12 July 2023): 317-322, https://doi.org/10.1038/s41586-023-06168-4.
[21] Nava et al. “Plastic debris in lakes and reservoirs”
[22] Nava et al. “Plastic debris in lakes and reservoirs”
[23] Robson Santos et al., “Plastic ingestion as an evolutionary trap,” Science 373 (2021) https://doi.org/10.1126/science.abh0945.
[24] Santos et al., “Plastic ingestion as an evolutionary trap”
[25] Santos et al., “Plastic ingestion as an evolutionary trap”
[26] Rie Okubo et al. “Estimation of the age of polyethylene microplastics,” Marine Pollution Bulletin 192 (10 May 2023), https://doi.org/10.1016/j.marpolbul.2023.114951.
[27] K. Nanthini Devi et al., “Impacts of microplastics on marine organisms: Present perspectives and the way forward” Egyptian Journal of Aquatic Research 48 (2022): 205-209, https://doi.org/10.1016/j.ejar.2022.03.001.
[28] Hudson Pinheiro et al., “Plastic pollution on the world’s coral reefs,” Nature 619 (13 July 2023): 311-316, https://doi.org/10.1038/s41586-023-06113-5.
[29] Pinheiro et al., “Plastic pollution on the world’s coral reefs”
[30] Pinheiro et al., “Plastic pollution on the world’s coral reefs”
[31] Santos et al., “Plastic ingestion as an evolutionary trap”
[32] Joleah Lamb et al., “Plastic waste associated with disease on coral reefs,” Science 359 (2018): 460-462, https://doi.org/10.1126/science.aar3320.
[33] Pinheiro et al., “Plastic pollution on the world’s coral reefs” AND https://www.epa.gov/coral-reefs/threats-coral-reefs
[34] Pinheiro et al., “Plastic pollution on the world’s coral reefs”
[35] Bethany Clark et al., “Global assessment of marine plastic exposure for oceanic birds,” Nature Communications 14 (4 July 2023), https://doi.org/10.1038/s41467-023-38900-z.
[36] Clark et al., “Global assessment of marine plastic exposure for oceanic birds”
[37] European Commission, “EU calls for agreement on global rules to end plastic pollution”
[39] European Commission, “EU calls for agreement on global rules to end plastic pollution”
[40] Pinheiro et al., “Plastic pollution on the world’s coral reefs”; Clark et al., “Global assessment of marine plastic exposure for oceanic birds”; Nava et al. “Plastic debris in lakes and reservoirs”
Les salariés de l’INAIL, du LIST, de l’ISPRA, de la Fondation Unipolis, de la Fondation CRT et de bien d’autres ont déjà transformé leurs collègues en athlètes de la mobilité durable et contribué activement à réduire les émissions.
Qu’il s’agisse d’un projet de durabilité pour les salariés ou du sponsoring de nos champions, les entreprises et les organisations jouent elles aussi la partie du changement.